Johan Bechtloff est originaire de Hambourg. A l’âge de 18 ans il est enrôlé pour servir dans le 16e régiment d’infanterie en Allemagne et est transféré en Hongrie en 1944. Dans les forêts hongroises, les Allemands mènent une guerre difficile sur la ligne de front contre les forces russes, qui progressent. Johan et les autres soldats subissent de lourdes pertes. Pendant une nuit paisible et étoilée, alors que Johan priait sincèrement à Dieu et le remerciait de l’avoir gardé jusque là, il reçut une grande paix au plus profond de son cœur, en plein milieu de l’horreur et de l’effroi de la guerre. Les choses qui se passèrent ensuite eurent lieu peu après cette nuit-là.
« Un dimanche, les Russes ont recommencé à nous attaquer. Ils tiraient à l’artillerie lourde exactement à l’endroit de la forêt où nous nous cachions. Les éclats de bois et d’obus pleuvaient autour de nous et j'ai été touché au bras. Au même instant un éclat d’obus est venu se loger dans ma Bible que je portais dans la poche ventrale droite de ma veste. Ma Bible avait fait obstacle à tel point que le projectile avait transpercé ma veste et s’était arrêté à l’intérieur même de la Bible. La Bible m’avait sauvé la vie !
A cause de ma blessure au bras, j’étais obligé de chercher de l’aide, mais où aller ? On était en février et il faisait nuit. Stupide comme je l’étais, je n’avais pris ni boussole, ni carte et je n’avais aucune idée de l’endroit où je me trouvais. Je ne me souvenais pas non plus de la direction où se trouvait l’ennemi, ni même où j’étais moi-même ! Il n’y avait plus aucun camarade autour de moi auquel j’aurais pu demander de l’aide ou des conseils. J’étais complètement seul et abandonné.
J’ai donc prié de tout coeur à Dieu et je me suis prudemment mis en route, en longeant un chemin forestier. Peu de temps après, je suis arrivé à un croisement où je pouvais choisir de continuer tout droit, d’aller à droite ou à gauche. Quelle route choisir ? Je n’en avais aucune idée mais j'ai décidé de prendre le chemin de droite. Au moment où je m’engageais, je me suis senti mal à l’aise. Je me suis arrêté et me suis mis à prier : « Mon Dieu, maintenant Tu dois m’aider, Tu dois me montrer quel chemin je dois prendre ». Pendant que je priais là, debout, je vis un véhicule armé qui arrivait derrière moi. Il se rapprochait de plus en plus et je ne pouvais pas voir si il s’agissait d’un véhicule russe ou allemand. Mais lorsque j'ai pu discerner le blindé, j'ai laissé échapper un soupir de soulagement : c’était un véhicule allemand ! Ils se sont arrêtés et les soldats m'ont demandé ce que je faisais là. J’ai expliqué la situation et ils ont fait ce qu’il ont pu pour prendre soin de mon bras et le panser.
Si ce blindé n’était pas arrivé au bon moment pour m’arrêter, j'aurais continué de marcher directement vers les troupes russes. Pour moi, il ne subsiste aucun doute : c’est Dieu qui m’a envoyé ce blindé car Il était le seul à avoir entendu mes prières. J’ai vraiment expérimenté ce verset en Psaume 4 : 4. « Sachez que l’Eternel s’est choisi un homme pieux ; L’Eternel entend quand je crie à lui.» Oui, c’est réellement notre Dieu
Source : Mandelblomsten 01/02-2002