L'héritage de Smith

L'héritage de Smith

Ecrit par: Trond Eivind Johnsen | Publié: mercredi 13 avril 2016


En 1898, Johan Oscar Smith s’est converti à Dieu, alors qu’il était seul sur un navire de la Marine norvégienne, Plus de 100 ans plus tard, des milliers de personnes ont une dette de reconnaissance envers la vie de Smith. 

En octobre 1871, la même année où l’Allemagne a été unifiée et que les Français ont capitulé devant la Prusse, Johan Oscar Smith naquit dans la tranquille ville portuaire de Fredrikstad. C’est là qu’il grandit dans un foyer chrétien, dans une société norvégienne qui devait encore vivre 34 ans sous le régime de l’union libre entre Suède et Norvège (issue de la fin des guerres napoléoniennes).

Après l’école élémentaire, le jeune Johan commença au lycée. Là, son sens inné de la justice fut mis en éveil. À l’époque, les professeurs faisaient clairement la différence entre les enfants de parents riches et de parents pauvres. Johan ne pouvait pas le supporter. Il cessa le lycée après 6 mois et s’enrôla à bord du brick “Ørnen”, à l’âge de 15 ans seulement. Deux ans plus tard, ce qui représente deux dures années en mer, il s’enrôla dans la Marine norvégienne, où il servit durant presque 40 années.
 

  • – sur la victoire sur le péché
  • L’obéissance de la foi.  Un des premiers versets qui a pris une importance vitale pour Smith a été Ro. 1, 5: « Par qui nous avons reçu la grâce et l’apostolat, pour amener en son nom à l’obéissance de la foi tous les païens. » Smith a compris que pour expérimenter la sanctification, un chrétien doit être obéissant à ce que Jésus a ordonné.

    « Christ manifesté en chair ».  L’expression a suscité beaucoup de débats, et les explications de Smith ont été considérées par beaucoup comme une fausse doctrine, mais pour Smith, la manière dont on considérait Jésus avait une importance capitale. S’il devait suivre Jésus qui n’avait pas commis de péché, il était important de savoir si Jésus avait réellement été tenté comme lui. Si cela n’avait pas été un aussi grand défi pour Jésus que pour lui, il trouvait que cela serait déraisonnable d’attendre des hommes qu’ils vivent de la même manière.

    Pour Smith, suivre les désirs de sa propre volonté et suivre ceux de sa chair, c’était une seule et même chose. Jésus avait une chair (volonté propre) en tant qu’homme (Mt. 26, 39), mais il y a toujours renoncé, pour ne pas pécher. « Car nous n'avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses ; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché » (Hé. 4, 15). C’est justement cette compréhension de la manière dont Jésus a renoncé à sa propre volonté au moment de la tentation qui a donné à Johan Oscar Smith la foi en une vie de victoire sur le péché conscient, aussi pour sa propre part.

    Christ manifesté en chair est le grand mystère de la piété. « Et, sans contredit, le mystère de la piété est grand : celui qui a été manifesté en chair, justifié par l'Esprit... » 1 Ti. 3, 16.

    La victoire sur le péché conscient.  Smith a fait l’expérience que c’est possible, par la force du Saint-Esprit, de vaincre tout le péché conscient (ce la Bible appelle les œuvres de la chair), du fait que Jésus a ouvert le chemin pour nous. Quand il est écrit en Hé. 2, 18 : « Car, ayant été tenté lui-même dans ce qu'il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés », cela signifie que Jésus lui-même possédait le Saint-Esprit et au remporté la victoire par cette force quand il était tenté. Quand nous sommes venus à Jésus, nous pouvons également le faire.

    La sanctification.  Johan Oscar Smith a compris qu’il y avait un chemin après la conversion, le pardon des péchés et le fait d’avoir mis sa vie en ordre. Il s’agit de marcher sur le chemin de la transformation vers la perfection, de manière à pouvoir devenir semblable à Jésus. Le Saint-Esprit nous montre ce qui n’est pas parfait aux yeux de Dieu. Si nous bannissons et haïssons ce que l’Esprit nous montre, nous sommes dans un développement divin – la sanctification.

    Christ et l’Assemblée. L’Assemblée est le corps de Christ, Christ est la tête, et chaque membre a sa place dans le corps. « Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part ». 1 Co. 12, 27. Smith dit à son 70e anniversaire que la tâche la plus importante dans son ministère a été de mettre les différents membres en relation avec la tête, Christ.

    À partir du moment où Smith a commencé à recevoir ces révélations de Dieu, il s’est mis à parler avec les gens qu’il rencontrait. Il était impératif pour lui de pouvoir transmettre ce que Dieu lui enseignait. Le travail n’a pas donné de résultats immédiats, et dans la Norvège religieuse de l’époque, il y avait beaucoup de prédicateurs charismatiques et populaires qui captivaient les gens plus que ne le faisait la doctrine de Christ manifesté en chair. Smith de son côté n’était ni intéressé par le fait de taire une partie de la vérité pour rassembler plus de monde, ni de créer de grands événements pour attirer l’attention vers lui. « Dieu souhaite avoir des hommes qui se tiennent devant sa face ; car il y en a bien assez qui se tiennent devant la face du peuple », écrit-il à son frère en 1909.

    – Pour en savoir plus sur la théologie de l'Assemblée chrétienne de Brunstad, cliquez ici : «».

    Les premiers « amis »

    Dans une lettre datée du 31 mai 1933, Smith donna un court énoncé sur le discret commencement de l’assemblée.

    Je fréquentais l'Église méthodiste à cette époque, mais je n'y trouvais pas suffisamment de nourriture. J'ai alors commencé à faire quelques petites réunions avec des jeunes. Nous avons prié et lu la Bible. L'Esprit de Dieu travaillait fortement avec moi pour que je me purifie. Cela n'est pas allé bien vite, mais j'ai tout pris comme venant de Dieu, et il m'a donné de la force. Deux ans après ma conversion, en 1900, l'Esprit de Dieu est venu sur moi alors que j'étais à bord de la canonnière « Sleipner ». Les Écritures sont devenues beaucoup plus faciles à comprendre qu'avant. Mais ce qui était étonnant, c'est qu'aucun des croyants que je connaissais ne me comprenait. Je suis resté seul. Mais par la suite, j'ai rencontré une personne ici et là, sur les bateaux et à l'arsenal. Nous nous réunissions les soirs pour prier Dieu et lire les Écritures.

    Six années se sont écoulées entre la conversion de Smith et sa première rencontre avec quelqu’un dans le cœur duquel il a trouvé de l’écho.

    Le quartier-maître Theodor Ellefsen, un homme tranquille de Grimstad, a fait connaissance de Smith à une réunion du mouvement de mission intérieure de l’Église luthérienne norvégienne, en 1904. Ils ont eu plusieurs conversations et Ellefsen est entré dans un cercle de personnes qui souhaitaient avoir Smith comme leur prédicateur dirigeant. Ils aimaient la doctrine de Smith, mais n’étaient pas tellement intéressés par le fait de vivre de manière conforme à cette doctrine. Cela n’intéressait pas Smith – il ne souhaitait pas être de le pasteur d’une assemblée d’auditeurs passifs. Durant une réunion où ce sujet a été abordé, il a prié tous ceux qui ne voulaient pas avoir part à la même vie que lui de quitter la pièce. Pas un seul n’est resté –Ellefsen non plus, qui n’a sans doute pas eu le courage de rester assis. Quand tous sont partis, Smith s’est souvenu d’une parole dans Pr. 24, 11 : « Délivre ceux qu'on traîne à la mort, ceux qu'on va égorger, sauve-les ! » Il est sorti pour voir s’il y avait de telles âmes dehors. Et il y a trouvé Ellefsen en train de pleurer. Il ne souhaitait pas perdre l’aide pour une vraie vie pieuse qu’il recevait chez Smith. Ellefsen est de ce fait devenu le premier « ami de Smith » et ils ont eu le restant de leur vie une communion sincère en tant que frères de Jésus.

    Durant la même période, Smith commença à travailler avec son frère cadet de 9 ans, le dentiste Aksel Smith, à travers des conversations et des lettres. En 1905, Aksel écrit une lettre à son frère pour lui annoncer sa conversion à Jésus – et cela a été pour Smith le début d’un enseignement approfondi pour son frère. Beaucoup de lettres ont été écrites et celles-ci ont été ultérieurement rassemblées dans le livre des Lettres de Johan Oscar Smith.

    Trois ans plus tard, en 1908, Smith a rencontré l’aspirant Elias Aslaksen, un homme extraordinaire. Il était major de promotion dans toutes les matières à l’École Navale, et avait une carrière lumineuse devant lui. Malgré cela, quand il a rencontré Smith et a entendu les vérités que celui-ci avait reçues de Dieu, il a lâché tout ce qu’il entreprenait pour servir Jésus. Aslaksen est devenu plus tard l’un des plus proches collaborateurs de Smith et a assumé la responsabilité principale pour l’assemblée quand Smith est décédé en 1943.
     

    Pauline et les enfants

    En 1901, Smith remarqua une femme spécialement pieuse et sincère, Pauline Pedersen. Elle travaillait pour un marchand à Horten et avait grâce à son comportement honnête et juste reçu assez de confiance pour diriger l’une de ses boutiques. Ils se fiancèrent la même année et se marièrent en toute simplicité en novembre 1902, dans l’Église Méthodiste de Kristiansand. Ils eurent 6 enfants entre 1903 et 1918.

    I 1901 ble Smith oppmerksom på ei ekstra gudfryktig og ærlig kvinne, Pauline Pedersen. Hun jobbet for en 


    Trésors Cachés

    Les deux frères Aksel et Johan Oscar Smith étaient des contributeurs actifs de plusieurs journaux chrétiens, mais comme l’enseignement de Smith rencontrait de plus en plus d’opposition, leurs articles étaient de plus en plus souvent refusés. Cela les a conduits à la pensée de créer leur propre journal. Smith pensait qu’il y avait le besoin d’un journal de « travail » qui conduise directement à la piété – et pas d’un journal de plus qui raconte de belles histoires chrétiennes. Le 1er janvier 1912, poussés par un désir et une conviction intérieurs, ils ont publié le premier numéro de Skjulte Skatter (Trésors Cachés).

    « Travaillé plus qu’eux tous »

    Pour le reste de sa vie, Smith a uniquement été intéressé par ces deux révélations : Christ manifesté en chair et Christ et l’Assemblée. Tous ceux qu’il a rencontrés ont pu voir comment cet enseignement était conforme à sa vie. Tout ce que Dieu lui révélait et qu’il commençait à faire dans sa vie, il le transmettait avec beaucoup d’enthousiasme. À la différence de beaucoup d’autres prédicateurs, qui s’efforçaient de rassembler le plus de monde possible, il travaillait en profondeur avec chaque âme. Il était plus intéressé par le fait d’avoir quelques frères et sœurs qui soient en contact avec Christ, que d’avoir beaucoup de sympathisants. Smith ne cherchait aucun autre développement que celui-là et il préférait rester seul avec sa foi toute sa vie, s’il le fallait, plutôt que de trahir la vérité.

    Quand tu mourras, Johan, tu mourras debout.

    Au printemps 1943, Smith arrivait à la fin de sa vie. Il était affaibli par le diabète, avait une mauvaise vue, et a dû rester alité quelques jours. Dans la nuit du 1er mai Johan Oscar Smith est retourné auprès de Jésus – il est mort d’une attaque cardiaque alors qu’il traversait sa chambre. La prophétie de son frère Ludvig s’est alors accomplie. Sur son propre lit de mort en 1931, il avait dit en effet : « Quand tu mourras, Johan, tu mourras debout. »

    Après sa mort, Elias Aslaksen a donné le témoignage suivant sur Smith : « Je n'ai jamais rencontré d'homme qui lui soit comparable ! Et de toute ma vie, je n'ai jamais entendu ou vu qui que ce soit qui ait pu attester l'existence d'un autre homme comme lui, ni dans ce pays ni dans aucun autre. »

    L’enterrement de Smith a été le plus grand que Horten n’ait jamais vu, malgré les strictes restrictions de voyage dues à la guerre. Il y avait un flot d’âmes reconnaissantes, de fleurs et de télégrammes.

    « Nous ne sommes pas devenus partisans de quelques règles doctrinales, mais les imitateurs d’une foi vivante, qui apporte la vie [...] Le frère Smith a été un pionnier, un homme de combat, pas vraiment pour une doctrine, mais pour le vrai christianisme, pour la vraie vie en Dieu, pour la justice, la vérité, l’amour, la sagesse de Dieu, la pureté, la bonté.” C’est ainsi qu’Aslaksen a résumé la vie de Johan Oscar Smith, qui a eu une signification éternelle pour lui et pour ceux qu’il a gagnés par la grâce de Dieu.

    «Veille sur toi-même et sur ton enseignement; persévère dans ces choses, car, en agissant ainsi, tu te sauveras toi-même, et tu sauveras ceux qui t'écoutent.» 1. Tim. 4,16