Les sans-dieu orgueilleux

Les sans-dieu orgueilleux

Ecrit par: Inge Almås | Publié: lundi 11 mars 2013

Donnez-moi les sans-dieu orgueilleux, qui n’ont pas envie de mystique,
Mais qui veulent créer avec audace un ciel selon leur propre goût.

Voilà ce qu’écrivait le poète norvégien Rudolf Nilsen au début du siècle dernier. Ce poème était à l’époque un message enflammé à la gloire du communisme, mails il décrit bien le développement et l’esprit du siècle de l’époque contemporaine d’une façon générale. Les valeurs chrétiennes de base doivent s’incliner devant la marche en avant de l’humanisme. La crainte de Dieu et l’humilité envers le Créateur doivent céder la place à l’impiété et à la fierté à l’égard des réalisations et des capacités de l'homme.

Une manière de penser fondée sur la raison 

L’humanisme est en soi un concept trompeur. Il prétend avoir une vision du monde rationaliste, exclusivement basée sur la raison et la science. Il a peu de règles éthiques, et amène l’homme à faire ses choix de vie en fonction de la compassion, l’expérience et la raison. La seule règle qu’on trouve sur le site de l’association humaniste est la suivante : Traite les autres comme tu voudrais qu’ils te traitent. Elle est souvent appelée la règle d’or. L’humanisme rejette en effet toute divinité ou toute autorité en dehors de l’homme lui-même et fait confiance au raisonnement rationnel pour qu’il fournisse les indications nécessaires pour s’orienter dans la vie.

Mais une autre attitude  est-elle possible ? Le christianisme que la plupart des gens rencontrent ne prend plus position.

D’une certaine manière, il n’est pas étonnant que cette philosophie gagne du terrain. Elle en appelle au bon sens et prend une position claire. Mais une autre attitude est-elle possible ? Le christianisme que la plupart des gens rencontrent ne prend plus position. Les principes éthiques et les limites qui ont fait partie de la conception chrétienne de la vie à travers les siècles ont presque tous été foulés aux pieds et abandonnés. La seule chose qu’on retient, pratiquement, c’est le pardon des péchés, qu’on considère comme une sorte d’assurance-vie face à l’inconnu qu’il faut affronter après la mort. Pour quelqu’un qui veut autre chose que de se laisser emporter par le courant, il est difficile d’adhérer à ce raisonnement.

Naïf et peu rationnel ?  

Est-ce que la capacité de placer les besoins des autres au même niveau que les siens est un trait de caractère marquant chez l’homme ?  

Alors, qu’en est-il de l’option humaniste ? L’homme arrive-t-il à créer un ciel selon leur propre goût, comme l’écrit le poète ? Et comme l’homme n’est composé que d’un corps et d’un cerveau qui peut prendre des décisions rationnelles, une telle philosophie a sans doute quelque chose d’attrayant. Tout le monde peut alors se créer son propre comportement éthique, tout en veillant à prendre soin des autres et à leur montrer de la compassion. Dans ces conditions, on n’a pas besoin de Dieu. Les humanistes décrivent souvent la foi en Dieu, une autorité en dehors de l’homme, comme quelque chose de naïf et de peu rationnel. Mais est-ce vraiment rationnel de croire à la bonté et à la compassion innés de l’homme, sa capacité de faire aux autres ce qu’il voudrait qu’on lui fasse ? Est-ce que la capacité de placer les besoins des autres au même niveau que les siens est un trait de caractère marquant chez l’homme ? 

Toute personne qui se connaît un tant soit peu et qui est honnête envers elle-même, connaît forcément les réponses à ces questions. L’homme est très certainement capable de montrer à certains moments de l’empathie, de la compassion et de la solidarité, mais lorsqu’il est dans la vie quotidienne et que l’ambiance est retombée, que reste-t-il de ce dévouement désintéressé pour les autres ? 

L’enfer – et le Ciel 

La vérité que tout le monde devra reconnaître tôt ou tard, c’est que l’homme, à cause de la chute originelle, est fondamentalement égoïste et égocentrique. Livré à lui-même, l’homme ne crée pas une société où la règle d’or est de rigueur. Il crée au contraire une société où chacun se suffit à lui-même. C’est une société froide et dure. Vivre dans un ciel comme celui-là, que les sans-dieu orgueilleux ont créé selon leur propre goût, c’est comme si on vivait en enfer.  

Il existe encore un christianisme qui n’est pas impuissant.

Mais existe-t-il une autre option ? Heureusement que la réponse est un oui retentissant ! Il existe encore un christianisme qui n’est pas impuissant. Il existe encore des gens qui croient que Dieu n’a pas seulement créé le monde, mais qu’Il peut aussi nous transformer, nous les hommes, dans notre vie quotidienne, pour que nous soyons capables de montrer de la compassion et de la bonté et de mettre de côté nos propres besoins au profit de ceux des autres. Cela ne se produit pas par l’orgueil et en se concentrant sur ses capacités naturelles – cela se produit dans l’humilité, en se soumettant à la volonté de son Créateur, et en le laissant prendre la direction de nos vies. C’est vraiment le ciel sur la terre parmi de telles personnes.

Ceux qui de cette manière sortent de leur égoïsme et travaillent de manière désintéressée et sont  pleins de miséricorde deviennent des personnes précieuses. Pas seulement pour le christianisme, mais pour toute la société. Elles deviennent de bons citoyens et des personnes soucieuses du bien de ceux qui les entourent. Nous avons besoin de telles personnes dans le monde – il y a assez de sans-dieu et d’orgueilleux !!