Pourquoi pardonner à quelqu'un qui ne regrette pas ce qu’il a fait ?

Pourquoi pardonner à quelqu'un qui ne regrette pas ce qu’il a fait ?

Ecrit par: Maggie Pope | Publié: mardi 5 avril 2016

Ça peut déjà être assez difficile de pardonner à quelqu'un qui exprime ses regrets.

Lorsque je me sens fatigué, triste ou que je m’apitoie sur mon sort, le souvenir d'une remarque moqueuse ou de quelque chose que quelqu'un a fait ou dit sans réfléchir peut souvent surgir. Pourtant, si les personnes concernées s'excusent, je sais que je dois leur pardonner, parce que je suis sensible au fait qu’elles se sont humiliées. Et surtout parce que Jésus a dit : « Et s'il a péché contre toi sept fois dans un jour et que sept fois il revienne à toi, disant: Je me repens, tu lui pardonneras. », Luc 17, 4.

Mais qu'en est-il si ces personnes ne pensent pas avoir fait ou dit quelque chose de mal ? Ou si elles en sont conscientes mais que ça ne les préoccupe pas ? Peut-être que je parviens simplement à pardonner ceux qui présentent des excuses, mais mon raisonnement humain me dit que ceux qui ne s'excusent pas ne méritent pas d'être pardonnés.

Pourtant, voici six bonnes raisons de pardonner à ceux ne regrettent pas ce qu’ils ont fait.

1. Dieu me dit de le faire.

J'ai lu dans 1 Pierre 3, 8 que nous devons être « pleins d'amour fraternel, de compassion, d'humilité » et que nous ne devons pas rendre « mal pour mal, ou injure pour injure ».

Mon pardon ne doit pas dépendre du fait que les autres regrettent ce qu’ils ont fait ou non. Dieu me demande de pardonner. C’est un commandement. De plus, si je ne pardonne pas, Dieu ne peut pas me pardonner, même si je me repens. « Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. », Matthieu 6, 15. C’est vraiment aussi sérieux que cela.

2. Jésus a donné l’exemple en mourant sur la croix.

Une des dernières choses que Jésus a faites lorsqu'il était encore en vie fut de s'assurer qu'il avait pardonné à ceux qui l'avaient fait mourir : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. » Luc 23, 34.

Et nous sommes appelés à devenir comme lui. Les disciples prennent cela au sérieux.

3. Ma vie ne doit pas être gâchée par de l'amertume et de la rancœur.

Comment puis-je être bon si mes pensées sont pleines d'amertume ? Dans ces conditions, Dieu ne peut pas m'utiliser. Il ne peut pas me bénir. L'amertume aigrit mes pensées et mon esprit, et me souille. Cette situation n'est pas la responsabilité de ceux qui m'ont fait du tort, mais c'est entièrement la mienne. « Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur. Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu; à ce qu'aucune racine d'amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n'en soient infectés », Hébreux 12, 14-15.

4. Le pardon fortifie mon esprit.

Il est dit dans 1 Timothée 6, 11 : « fuis ces choses, et recherche la justice, la piété, la foi, la charité, la patience, la douceur. »

Lorsque je fais cela, j' « exerce mes sens » pour discerner ce qui est mal et ce qui est bien (Hébreux 5, 12-14). C'est de cette manière que j'apprends. Je rencontre des situations où je m'en remets à la parole de Dieu pour savoir comment je dois réagir, parce que mon raisonnement humain et mon sens de ce qui est juste est faussé. Cela vient du fait que toute ma nature humaine est contaminée par le péché qui est apparu avec la chute. Parfois cela est tellement subtil que je ne le vois pas. Mais le péché est bien là, et je dois le rechercher et le reconnaître pour pouvoir le rejeter. Cette façon de vivre me donne de la force et c'est une victoire du bien sur le mal, parce que je pratique la parole de Dieu au lieu de suivre mon raisonnement humain (2 Corinthiens 2, 14).

5. La plupart des gens ne comprennent pas l'importance de ce qu'ils font.

Si les gens comprenaient que ce qu'ils disent et font aux autres a un impact immense sur leur relation avec Dieu, et que cela détermine leur bonheur pour l'éternité, ils feraient sans doute preuve de davantage de bonté, ils seraient plus doux, plus aimants. Ils demanderaient à Dieu de les aider à vivre une meilleure vie. Mais la plupart des gens n'ont pas cette relation avec Dieu et ils vivent les yeux rivés sur leur avenir immédiat, et non sur l'éternité. Je dois leur pardonner parce que, comme Jésus l'a dit, ils ne savent pas ce qu'ils font…

6. Parce que je suis aussi coupable.

Je suis un être humain capable de vexer et d'offenser. Si je n'ai pas délibérément dit ou fait quelque chose pour offenser quelqu'un, je peux avoir bonne conscience, mais cela ne signifie pas que je n'ai pas contrarié quelqu'un par quelque chose que j'ai dit (ou que je n'ai pas dit) sans faire attention. Je ne peux pas savoir ce que les autres pensent de moi, ou à quel point j'affecte les autres à cause de mes erreurs involontaires. Jésus a dit « Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre... », Jean 8, 7.

Je ne dois pas juger les autres ou m'indigner s’ils ne s'excusent pas, parce que j'ai certainement des raisons de m'excuser aussi. Jésus nous appelle à nous juger nous-même, à examiner nos motivations et ce qui repose au plus profond de notre cœur. Lorsque je fais cela, je vois à quel point j'ai besoin du pardon de Dieu pour ma propre vie, mais aussi du pardon des autres. Je ne suis pas aussi irréprochable que je l'imagine.

Et non, il n'est pas facile de pardonner. Mais plus je suis attentif à la voix de Dieu et plus je lis sa parole, plus je comprends comment je dois réagir de façon divine. Cela devient alors de plus en plus facile. Je perds progressivement l’idée « humaine » que je me fais de ce qui est bon et mauvais, et je m’approprie la façon divine de voir les choses, qui crée une vie pleine de chaleur et de puissance. Je n'ai pas à me faire « justice », je peux remettre cela entre les mains de Dieu.

Et lorsque je remets cela à Dieu, j’entre alors dans un repos parfait.