Saviez-vous que la plupart des prières des hommes montrent qu´ils sont irrésolus ?

Saviez-vous que la plupart des prières des hommes montrent qu´ils sont irrésolus ?

Ecrit par: Elias Aslaksen | Publié: mercredi 2 novembre 2016

« Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. Mais qu'il la demande avec foi, sans douter ; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et poussé de côté et d'autre. Qu'un tel homme ne s'imagine pas qu'il recevra quelque chose du Seigneur : c'est un homme irrésolu, inconstant dans toutes ses voies. » Jacques1, 5-8.

Qu'en est-il habituellement des prières ? On pense généralement que prier consiste à exprimer ce que l'on désire, un point c'est tout. Mais c'est une manière totalement fausse de comprendre la chose. Il y a quelque chose de contradictoire là-dedans. Quel intérêt cela peut-il avoir pour Dieu et pour moi de me borner à exprimer ce qui me manque ? Ce n'est pas cela prier ; ce n'est pas le vrai sens, le sens le plus profond de la prière. Si je prie pour recevoir de la sagesse, de l'amour ou de la patience sans m'attendre à recevoir ce que j'ai demandé, sans croire que je l'ai reçu, c'est la preuve que je suis partagé. Je veux bien obtenir ce que je demande, mais j'arrive très bien à m'en passer. La plupart des gens prient de cette manière-là pendant toute leur vie, sans jamais recevoir ce qu'ils demandent. Dans ce cas-là, on est double, on a deux entendements, on est partagé.

« Je veux bien obtenir ce que je demande, mais j'arrive très bien à m'en passer. » La plupart des gens prient de cette manière-là pendant toute leur vie, sans jamais recevoir ce qu'ils demandent.

« Je hais les hommes indécis, Et j'aime ta loi. » Psaumes 119, 113. “Dieu a appelé David l'homme selon son cœur, l'homme selon son entendement. David était le contraire d'un homme double. Son seul désir était d'être profondément sauvé. Quand on cherche avec intérêt à être profondément sauvé et qu'on a en même temps un peu d'intérêt pour autre chose, on a l'esprit partagé. La plupart se trouvent sans doute dans cette situation, à un degré plus ou moins prononcé. C'est tout à fait certain, d'après la lumière biblique éclatante que j'ai maintenant reçue à ce sujet.

Dans l'épître de Jacques il est question de duplicité à deux endroits différents. Cela fait des années que j'appelle Jacques un spécialiste. Il est spécialiste dans pratiquement tous les domaines qu'il aborde. Il écrit avec toute la force, la clarté et l'insistance qu'on peut souhaiter. C'était certainement un grand homme de Dieu. « Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. » Jacques 1, 5. Il prend l'exemple de la sagesse, mais cela s'applique à toutes les choses dont nous devons être purifiés et toutes les vertus que nous sommes appelés à recevoir : l'amour divin, par exemple. Jacques met une telle insistance à parler des choses qu'on pourrait presque s'attendre à voir les morts ressusciter ! Mais la plupart du temps, il ne se passe rien, on n'est rempli ni d'amour, ni de sagesse, ni de patience, ni de tout ce qu'on avait demandé.

« Mais qu'il la demande avec foi, sans douter ...» Jacques 1, 6. Jésus a exprimé la même chose dans ces paroles : « Tout ce que vous demanderez avec foi par la prière, vous le recevrez. » Matthieu 21, 22. Il est dit d´abord, « Demandez, et l'on vous donnera. » Matthieu 7, 7. Ceci s´adresse aux débutants. Mais il nous est donné ensuite une interprétation plus précise : « Tout ce que vous demanderez avec foi par la prière, vous le recevrez. » La foi n'est pas quelque chose de flou, c'est quelque chose de ferme et de certain, c'est une pleine assurance qu'on a reçu ce qu'on a demandé. Il en est aussi question dans 1 Jean 5, 14-15. Il est dit dans ce passage que lorsque nous savons que nous demandons quelque chose selon la volonté de Dieu, et c'est toujours le cas lorsque nous demandons du salut, nous avons alors auprès de lui cette assurance que nous possédons la chose que nous lui avons demandée.

« … car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et poussé de côté et d'autre. » Jacques 1, 6. On est donc ballotté dans tous les sens. Le verset 7, qui vient juste après, renferme des paroles extrêmement fortes : « Qu'un tel homme ne s'imagine pas qu'il recevra quelque chose du Seigneur. » Et le verset 8 nous donne une description de ce genre de personne : « …c'est un homme irrésolu, inconstant dans toutes ses voies. » Presque tous ceux qui veulent bien prendre ces paroles au sérieux sont obligés de reconnaître qu'ils sont "irrésolus", ou doubles. Lorsqu'on prie, tout n'est pas fini quand on a dit ce qu'on désire. C'est lorsqu'on a reçu la foi qu'on va voir la chose se réaliser qu'on a terminé de prier.

On ne peut pas « essayer » de croire. C'est stupide de penser que cela peut se faire. Lorsque nous demandons quelque chose dans nos prières, il n'y a pas trente-six solutions : ou bien nous croyons, ou bien nous ne croyons pas.

Certains ont tendance à prier d'une mauvaise manière. Ils se consacrent à la prière pendant plusieurs heures et ils pensent que s'ils passent deux heures en prière, c'est deux fois mieux que de prier pendant une seule heure. Mais si je n'ai rien reçu, ni au cours de la première, ni au cours de la deuxième heure, est-ce vraiment bien ? C'est pour recevoir une foi vivante que je dois prier. Si je ne la reçois pas, je ne reçois pas non plus ce que j'ai demandé. Dans ces conditions, il ne sert à rien de dire que je prie beaucoup. Le but, c'est de recevoir ce que j'ai demandé, c'est que je puisse le voir s'accomplir. Je pense que c'est sous cette forme que la duplicité est la plus répandue. Tout le monde commence de cette manière-là, mais on peut en rester au même point pendant toute sa vie. Cela n'est pas totalement inutile, puisqu'on reste attaché à Dieu, au lieu de se détourner de lui, mais on prie tout de même en vain.

On ne peut pas « essayer » de croire. C'est stupide de penser que cela peut se faire. Lorsque nous demandons quelque chose dans nos prières, il n'y a pas trente-six solutions : ou bien nous croyons, ou bien nous ne croyons pas. Et si nous ne croyons pas, cela ne sert à rien. C'est du temps perdu que de prier ainsi pendant des heures, si l'on n'est pas animé d'un seul désir : celui de persévérer jusqu'au moment où on aura saisi la foi. C'est cela qui est juste. A ce moment-là, cela ne fait rien si on doit prier longtemps, si seulement on finit par saisir la foi.

Prier pour recevoir de la sagesse, de l´amour ou de la patience sans même s´attendre à en recevoir, encore moins croire que je l´ai déjà reçu, c´est de la duplicité.

Jésus dit : « Et ce jugement c'est que, la lumière étant venue dans le monde… » Jean 3, 19. La lumière apporte donc un jugement. Et en ce qui concerne la prière, on a manqué de lumière. Je crois que la meilleure manière d'exprimer la chose consiste à dire qu'on aimerait bien avoir ce qu'on demande, mais on arrive à s'en passer. La pratique montre que c'est vrai, puisqu'on continue à vivre sans avoir obtenu ce qu'on a demandé. D'un côté, on donne l'impression de s'intéresser fortement à la chose, mais en réalité, cet intérêt n'est certainement pas très prononcé ; et de l'autre côté, on ne s'y intéresse pas du tout. On est double.

Cet article fut retranscrit d´un des messages de Elias Aslaksen “La Duplicité” à Oslo le 29 octobre 1975. L´article fait partie d´une compilation issue du livre « Derniers messages », d´Elias Aslaksen.
© Copyright Stiftelsen Skjulte Skatters Forlag