S’épargner soi-même ou se donner soi-même ?

S’épargner soi-même ou se donner soi-même ?

Ecrit par: Tineke Neinders | Emplacement: Groningen, Pays-Bas | Publié: lundi 19 mars 2012

On peut bien prendre du temps pour soi, tout de même ? On doit bien penser à soi-même, non … ?

Je suis en train de feuilleter un magazine et je réfléchis un peu. D’après ce que je lis, en tant que mère de plusieurs enfants, je devrais normalement m’user un peu à la tâche. « Tu as besoin de prendre du temps pour toi. Tu as besoin de beaucoup de sommeil. Tout cela est très important, sinon tu nous pourrais pas être une bonne mère ». Et ce n’est pas seulement dans de tels magazines qu’on trouve ce genre de lecture, parfois on a l’impression que le monde entier crie : « Pense à toi-même ! »

Le téléphone sonne; à l’autre bout du fil, c’est une personne pour qui j’ai beaucoup de respect. Elle est déjà passée par les mêmes circonstances – où les petits comme les grands demandent beaucoup d’attention. En fait, pour moi elle a toujours été quelqu’un qui rayonne, même dans les moments difficiles. Nous discutons un peu, et nous en arrivons à parler de ce que je viens de lire. « Et bien, dit-elle, si nous devions prendre le temps de réfléchir à tous nos droits en tant qu’êtres humains, nous serions surmenés. Mais si tu vis pour Jésus tous les jours, et que la prière de ton cœur est de donner ta vie (ton temps et ton intérêt) pour tes enfants, tu peux évidemment être fatiguée le soir, mais cela te rend parfaitement heureuse ! »
je réfléchis.

Il a tout quitté dans le ciel et s’est donné lui-même par amour pour moi ! Quand il était sur la terre, il a sacrifié sa propre volonté et son propre corps.

C’est donc mon propre égoïsme qui rend tout si compliqué ! Je ne suis pas bizarre si je n’ai pas forcément envie de sortir le soir pour aller au restaurant. Ce n’est pas un problème si je n’éprouve pas le besoin de faire absolument ceci ou cela, Si l’un de mes enfants se réveille pour la énième fois et que je ne me sens pas frustrée, cela n’altère pas mon bonheur. Si je ne trouve pas que mon mari devrait changer dans tel ou tel sens, cela ne crée pas de difficultés inutiles entre nous.
Il va de soi que si l’on veut vivre de cette manière – renoncer à son confort, sa propre volonté – cela ne se fait pas tout seul. Mais quand je pense à la vie de Jésus et à ce qu’Il a sacrifié, cela crée en moi beaucoup d’amour pour lui. Il a tout quitté dans le ciel et s’est donné lui-même par amour pour moi ! Quand il était sur la terre, il a sacrifié sa propre volonté et son propre corps. Il est écrit dans 1 Jn. 3, 16 que nous aussi, nous sommes redevables de donner notre vie pour les autres.

Je remarque aussi combien mon bonheur grandit de cette façon, et je deviens de moins en moins dépendante des choses extérieures.

Je cesse alors de penser à moi-même et je vis pour Jésus. Et je le fais par amour pour lui qui m’a aimé le premier. Cet amour me donne la force d’être en bénédiction pour les autres. Et l’énergie que je perdais auparavant en étant frustrée et en me préoccupant de moi-même, je peux maintenant l’investir dans mon entourage. Je remarque aussi combien mon bonheur grandit de cette façon, et je deviens de moins en moins dépendante des choses extérieures. Et je peux ainsi continuer à donner : un sourire, une bonne parole, de l’aide, de mon temps ou bien une prière.

Je poursuis le travail, et les paroles d’un cantique me viennent à l’esprit :

Ouvrier, sors dans les champs pour semer,
Répands ta semence autour de toi.
À cette œuvre tu dois te consacrer,
Suis l’exemple de Jésus, ton Roi.
Il a tout donné, tout sacrifié,
Bénissons, nous aussi, donnons d’un cœur entier.
Servons Dieu, livrons-lui notre vie !

Mine barn har rett til en mor som elsker dem!

(Les Voies du Seigneur, n°416)

Cela me fortifie dans ma décision de semer et d’être en bénédiction pour mes enfants. Mes enfants ont le droit d’avoir une mère qui les aime ! Une mère qui s’intéresse à leurs histoires. Une mère qui peut les encourager quand cela ne va pas, ou bien qui prend le temps de jouer avec eux. Quel privilège d’apprendre à connaître Jésus toujours plus dans ma vie quotidienne, et d’avoir le droit de lui ressembler de plus en plus !